Cechapitre des Ă©pĂźtres se concentre sur quelques-unes des pratiques Ă©thiques essentielles de la vie chrĂ©tienne. Ces Ă©thique aident dĂ©peindre le vrai Ă©vangile au monde, encourager les autres Ă croire en Christ, et apporter la gloire Ă Dieu. Le premier est âą Des millions d'Ćuvres originales, imaginĂ©es par des artistes indĂ©pendants. Trouvez votre bonheur.
Lévitiqueils n'apparaissent pas. Au sens précis du mot, les lévites n'appartiennent pas au clergé; ils n'ont pas reçu un appel de Yahveh, mais ont été consacrés au sanctuaire par
Histoiredu peuple hébreu, des Juges à la Captivité, par M. L. Des-noyers, prof, à l'Institut cath. de Toulouse. Tome Ior : La période des Juges. In-8° de xvi-431 pp. avec 2 cartes.
CARTE Guerre en Ukraine : entre condamnation et soutien, les réactions pays par pays. Le président russe Vladimir Poutine a autorisé une opération armée en Ukraine ce jeudi 24 février.
LEgypte au temps de Moïse: L'invasion des étrangers nomades : Keftiou, Hébreux, Philistins, etc. - L'Exode - Le retour en scÚne des pharaons égyptiens - Ebook written by
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á©Ő§Đ·ĐČá». udhntZD. Passer au contenu AccueilAgendaYouTubeAudioLivresContact LA VRAIE HISTOIRE DE LA PALESTINE Voici lâhistoire rĂ©elle de ce que fut le territoire appelĂ© aujourdâhui IsraĂ«l par les uns et Palestine par les autres. Elle se base sur les faits historiques tels quâils ont Ă©tĂ© Ă©crit au cours des siĂšcles par les historiens, les voyageurs qui traversĂšrent le pays, ou les reprĂ©sentants arabes eux mĂȘmes dans leurs lire et Ă faire lire, alors que toutes les nations grand signe des temps selon Zacharie se liguent contre IsraĂ«l afin de diviser le territoire du pays et du peuple ne remplacera jamais la vĂ©ritĂ© . LES FAUSSES » RACINES ANCIENNES Les supporteurs de la » cause palestinienne » scandent Ă tour de bras que les Arabes » palestiniens » vivent depuis » des milliers dâannĂ©es en » Palestine . Des Arabes cĂŽtoient des Juifs dans cette rĂ©gion depuis des milliers dâannĂ©es, ceci est vrai. Toutefois, ils nâont jamais vĂ©cu en Terre dâIsraĂ«l elle-mĂȘme, ils Ă©taient Ă©tablis au sud et Ă lâest. Les Arabes en question sont les NabatĂ©ens, une ancienne nation de chameliers-marchands. Ces Arabes sont originaires de lâArabie du Nord. Ils Ă©migrĂšrent vers le territoire dâĂdom lâactuel dĂ©sert du NĂ©guev 350 ans notre Ăšre. Leur mĂ©tropole fut PĂ©tra, lâancienne capitale des Ădomites situĂ©e Ă Ă©gale distance entre la Mer Morte et le Golfe dâAqaba. Peu Ă peu le NĂ©guev fut connu sous le nom de NabatĂšne. GrĂące Ă leurs caravanes allant dâun oasis Ă lâautre, ses habitants Ă©tendirent rapidement leur influence Ă©conomique dans le SinaĂŻ, lâest de la Jordanie actuelle, le sud de la Syrie actuelle et le nord-ouest de lâArabie. Voici une carte de la civilisation nabatĂ©enne prenez en compte que la partie en rouge ne correspond pas nĂ©cessairement Ă la rĂ©gion habitĂ©e par les NabatĂ©ens, mais plutĂŽt au centre de leurs activitĂ©s commerciales. La prochaine carte reprĂ©sente les routes commerciales terrestres des NabatĂ©ens. Bien que leurs caravanes traversaient frĂ©quemment la Terre dâIsraĂ«l, celle-ci Ă©tait habitĂ©e par les Juifs et les Samaritains. Au cours de la guerre des Juifs contre les HellĂ©niques en 166-142 av. Juifs et NabatĂ©ens furent alliĂ©s. Le royaume nabatĂ©en pris fin en lâan 106 lorsque la NabatĂšne est conquise par les Romains qui en font une province de leur empire. Pendant les 2e, 3e et 4e siĂšcles, les NabatĂ©ens se convertirent au christianisme. Au cours de leur histoire, les NabatĂ©ens ne remplacĂšrent jamais les Juifs en tant quâhabitants de la Terre dâIsraĂ«l, mais ils coexistĂšrent Ă cĂŽtĂ© dâeux sur un territoire distinct. Voici dâautres cartes de la province romaine dâArabie Comme visible sur les cartes, les NabatĂ©ens ne sâĂ©tablirent pas Ă lâouest du Jourdain. Ils sâinstallĂšrent toutefois Ă lâest du Jourdain et de la Mer Morte. Les Juifs attaquĂšrent les NabatĂ©ens vivant en PĂ©rĂ©e et en Moab en 90 av. et en convertirent de force beaucoup au JudaĂŻsme. En 32-31 av. les Juifs attaquĂšrent encore les NabatĂ©ens, cette fois en DĂ©capole et en Ammon. Les Arabes » palestiniens » ne sont donc pas des habitants millĂ©naires de la Palestine ». LA CONQUĂTE ARABO-MUSULMANE Les Arabes, dans le contexte des conquĂȘtes islamiques, sâemparĂšrent de la Terre dâIsraĂ«l en 638, la spoliant de leurs habitants Juifs et chrĂ©tiens. Beaucoup de sources dont plusieurs arabes confirment le fait que la Terre dâIsraĂ«l Ă©tait encore judĂ©o-chrĂ©tienne par la population et la culture malgrĂ© la diaspora juive et la domination islamique â Lâhistorien James Parker a Ă©crit » Pendant le premier siĂšcle aprĂšs la conquĂȘte arabe [640-740], le Calife et les gouverneurs de la Syrie et de la Terre [Sainte] ont rĂ©gnĂ© entiĂšrement sur des sujets chrĂ©tiens et juifs. Mis Ă part des BĂ©douins lors des premiers jours [du rĂšgne arabe], les seuls Arabes Ă lâouest du Jourdain Ă©taient les garnisons. â En 985 lâauteur arabe Muqaddasi sâest plaint quâ » Ă JĂ©rusalem la grande majoritĂ© de la population est juive , et dit que » la mosquĂ©e est vide des adorateurs⊠. Quoique les Arabes aient rĂ©gnĂ© sur la Terre dâIsraĂ«l de 638 Ă 1099, ils ne sont jamais devenus la majoritĂ© de la population. La plupart des habitants Ă©taient des chrĂ©tiens assyriens et armĂ©niens et des Juifs.. Tout le monde conviendra que les Arabes ne prospĂ©rĂšrent pas plus pendant la pĂ©riode des croisades allant de 1099 Ă 1289. LâĂRE OTTOMANE La seconde pĂ©riode de rĂšgne islamique est la seule qui reste aux Musulmans qui veulent affirmer quâune grande nation arabo-musulmane existait en Terre Sainte avant que les Juifs viennent recrĂ©er leur Ătat. Voyons voir si les Juifs sâemparĂšrent dâune » contrĂ©e bien Ă©tablie, peuplĂ©e et verdoyante » en retournant en Terre dâIsraĂ«l comme les Arabes lâaffirment de nos jours. Tous les rĂ©cits de voyage et rapports sur la Terre dâIsraĂ«l de cette Ă©poque attestent au contraire dâune rĂ©gion vide de lâEmpire ottoman. Voici ce que plusieurs personnes ayant voyagĂ© dans cette rĂ©gion on constatĂ© â Ibn Khaldun, un des historiens arabes les plus crĂ©dibles, a Ă©crit en 1377 » La souverainetĂ© juive sur cette terre sâest prolongĂ©e sur 1 400 ans⊠Câest les Juifs qui ont implantĂ© la culture et les coutumes en sây Ă©tant installĂ© de maniĂšre permanente . AprĂšs 519 ans non consĂ©cutifs de domination musulmane sur la Terre dâIsraĂ«l, Ibn Khaldun a certifiĂ© que la culture et les traditions juives Ă©taient encore dominantes. â Edouard Webbe en 1590 » Il nây a rien Ă JĂ©rusalem mis Ă part des vieux murs . â Henry Maundrell en 1697 Nazareth, » un village minuscule et sans importance , JĂ©richo, » une bourgade minable et sale , Acre, » une dĂ©solation . â LâarchĂ©ologue britannique Thomas Shaw en 1738 la Terre Sainte » VIDE, dĂ©solĂ©e et manquant de tout, qui manque dâhabitants . â Le comte François Volney en 1785 » Nous avons du mal Ă reconnaĂźtre JĂ©rusalem, on y compte environ 12 000 habitants. Le pays est dĂ©solĂ© et ruinĂ©. â Commentaires par des ChrĂ©tiens dans les annĂ©es 1800 » Les Arabes ne peuvent pas ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme autre chose que des rĂ©sidents temporaires. Ils ont placĂ©s leurs tentes dans un pays ruinĂ©. Ils nâont rien créé en Terre Sainte. Puisquâils sont des Ă©trangers sur cette terre, ils ne sont jamais devenus ses maĂźtres. â Alphonse de Lamartine en 1832 Mis Ă part Ă JĂ©rusalem, il ne rencontra pas Ăąme qui vive et que la Terre dâIsraĂ«l Ă©tait » le tombeau de tout un peuple [les HĂ©breux] . â William Thackeray en 1844 » La rĂ©gion est abandonnĂ©e. Nous nâavons vu aucun animal se dĂ©placer parmi les pierres. â Alexandre Keith en 1844 » La Terre Sainte est arrivĂ©e Ă lâĂ©tat de dĂ©solation total dĂ©crit par les prophĂštes. â Le consul britannique en Terre dâIsraĂ«l, James Pinn en 1857 » Le pays est presque inhabitĂ©, il a grand besoin dâhabitants. â Le cartographe britannique Arthur Penrhyn Stanley en 1862 » Ni signes de vie ni habitations en JudĂ©e, sur des distances entiĂšres. â Mark Twain en 1867 » Pas un seul village dans la VallĂ©e de JezrĂ©el, rien sur 30 miles dans les 2 sens. 2 ou 3 petits groupes de tentes bĂ©douines, mais pas une seule habitation permanente. On peut voyager pendant 10 miles sans rencontrer 10 ĂȘtres humains. DĂ©serts sans Ăąme qui vive, collines VIDES, ruine mĂ©lancolique de CapharnaĂŒm, stupide village de TibĂ©riade, enterrĂ© sous six palmiers. Nous arrivĂąmes Ă Tabor sans rencontrer Ăąme qui vive tout au long du chemin. Nazareth est dĂ©solĂ©e, JĂ©richo est en ruine, BethlĂ©em et BĂ©thanie, dans leur pauvretĂ© et leur humiliation, ces endroits nâabritent pas une crĂ©ature vivante. Un pays dĂ©solĂ©, dont la terre serait peut-ĂȘtre assez riche si elle nâĂ©tait abandonnĂ©e aux mauvaises herbes. Une Ă©tendue silencieuse, triste. Ă peine y a-t-il un arbre ou un arbuste, çà et lĂ . MĂȘme les oliviers et les cactus, ces fidĂšles amis dâun sol sans valeur, ont quasiment dĂ©sertĂ© le pays. â Le consul amĂ©ricain Ă JĂ©rusalem en 1880 rapporte que la rĂ©gion continuait son dĂ©clin » La population et la richesse de la » Palestine » nâa pas augmentĂ© pendant les 40 derniĂšres annĂ©es. â B. W. Johnson en 1892 » Dans la partie de la plaine entre le mont Carmel et Jaffa on voit Ă peine quelques villages ou autres formes de vie humaine. Caesarea est maintenant entiĂšrement abandonnĂ©. La dĂ©solation est partout autour de nous. â Compte-rendu de la commission royale Britannique de 1913 » La rĂ©gion est sous-peuplĂ©e et est restĂ©e Ă©conomiquement stagnante jusquâĂ lâarrivĂ©e des premiers pionniers sionistes dans vers la fin des annĂ©es 1880, qui sont venus pour reconstruire la terre juive. La route qui va de Gaza vers le nord nâest quâune piste estivale tout juste bonne pour les chameaux et les charrettes. On ne voit ni bosquet dâorangers, ni verger, ni vigne, jusquâĂ ce que lâon arrive en vue du village de YavnĂ©. Les maisons sont des torchis. Il nâexiste pas dâĂ©coles. La partie orientale en direction de la mer est quasiment dĂ©sertique. Les villages, dans cette rĂ©gion, sont rares et chichement peuplĂ©s. Beaucoup de villages sont dĂ©sertĂ©s par leurs habitants. â Dawood Barakat, Ă©diteur du journal Ă©gyptien Al-Ahram en 1914 » Les Sionistes sont nĂ©cessaires pour le pays lâargent quâils apporteront, leur connaissances, leur intelligence et lâindustrialisation qui les caractĂ©rise contribueront sans aucun doute Ă la rĂ©gĂ©nĂ©ration du pays. VoilĂ pour le pays verdoyant et habitĂ© » envahi » par les Juifs. Fait historique sous la domination turque, la terre Ă©tait Ă lâabandon et dĂ©peuplĂ©e. La terre sâest peuplĂ©e Ă la fois de Juifs et dâArabes car les Juifs sont revenus et ont commencĂ© Ă la rĂ©habiliter. Une seule ville arabe fut construite en Terre dâIsraĂ«l Ramleh. Toutes les autres sont des villes juives rebaptisĂ©es par eux. Lâhistorien suisse FĂ©lix Bovet notait en 1858 » Câest parce que les Arabes ne sont pas des autochtones quâils nây construisent rien. LE MANDAT BRITANNIQUE AprĂšs la Grande Guerre, les Britanniques hĂ©ritĂšrent de ce morceau de lâEmpire ottoman dĂ©fait. Beaucoup de citations de lâĂ©poque attestent que le pays Ă©tait dĂ©solĂ© et quâil nâexistait pas dâentitĂ© dite » palestinienne . â Hussein Al-Qibla, gardien des lieux saints en Arabie Saoudite en 1918 » Les ressources du pays et le sol vierge seront dĂ©veloppĂ©s par les immigrĂ©s juifs. [âŠ] Nous avons vu les Juifs des pays Ă©trangers venir en » Palestine » de Russie, dâAllemagne, dâAutriche, dâEspagne, dâAmĂ©rique. [âŠ] Ils ont su que le pays Ă©tait pour ses fils dâorigine, [âŠ] une patrie sacrĂ©e et aimĂ©e. Le retour de ces exilĂ©s Ă leur patrie sâavĂ©rera matĂ©riellement et religieusement [ĂȘtre] une expĂ©rimentation pour leurs frĂšres [autres Juifs]. â Lewis French, le directeur britannique du dĂ©veloppement de la » Palestine » en 1931 » Nous lâavons trouvĂ©e [la » Palestine ] habitĂ©e par des Fellahs [agriculteurs arabes] qui vivent dans des taudis de boue et souffrent sĂ©vĂšrement de la malaria trĂšs rĂ©pandue. De grands secteurs Ă©taient non cultivĂ©s. [âŠ] Il nây avait presque aucune sĂ©curitĂ© publique, Les fellahs sont sans cesse soumis au pillage de leurs voisins nomades, les bĂ©douins. Voici une carte des divisions administratives de la rĂ©gion sous domination ottomane. La mention de » Palestine » nâapparait nulle-part. La Terre dâIsraĂ«l est divisĂ©e en trois secteurs, la Syrie Ă lâest, Beyrouth au nord-ouest et JĂ©rusalem au sud-ouest. Le reprĂ©sentant arabe en » Palestine » dĂ©clara en 1919 » Nous considĂ©rons la » Palestine » comme faisant partie de la Syrie. Le dirigeant arabe en Terre dâIsraĂ«l Awni Bey Abdul Haadi dĂ©clara en 1937 » Il nây a pas de pays tel que la » Palestine . » Palestine » est un terme que les Sionistes ont inventĂ©. Il nây a pas de » Palestine » dans la Bible. Notre pays a fait partie de la Syrie pendant des siĂšcles. » Palestine » nous est aliĂšne, câest les Sionistes qui lâont introduits. Le professeur Philip Hitti, historien arabe, dĂ©clara en 1946 » Il nây a pas de chose telle que la » Palestine » dans lâhistoire, absolument pas. Le reprĂ©sentant du Haut ComitĂ© arabe aux Nations Unies dĂ©clara en 1947 » La » Palestine » fait partie de la province de Syrie. Les Arabes vivant en Palestine ne sont pas indĂ©pendants dans le sens quâils ne constituaient pas une entitĂ© distincte. Le reprĂ©sentant de lâArabie Saoudite aux Nations Unies dĂ©clara en 1956 » Câest une connaissance gĂ©nĂ©rale que la » Palestine » nâest rien dâautre que la Syrie du sud. Le roi Hussein de Jordanie rĂ©pĂ©ta plus dâune fois » Il nây a aucune distinction entre la Jordanie et la » Palestine . Hafez Assad ex-PrĂ©sident syrien dĂ©clara » Il nây a pas de peuple » palestinien , il nây a pas dâentitĂ© » palestienne . Ahmed Shuqeiri ex-prĂ©sident de lâOLP dĂ©clara » La » Palestine » ne fut jamais rien dâautre que la Syrie du sud. Ă cette Ă©poque, les Arabes ainsi que tout le monde nâont jamais soulevĂ© la question dâun Ătat » palestinien » car les Arabes eux-mĂȘmes nâexigeaient pas dâĂtat pour un peuple qui nâexistait PAS ! La » Palestine » nâa jamais constituĂ© un pays et le concept mĂȘme de » Palestine » nâexistait pas dans lâEmpire ottoman ! Le mot mĂȘme de » Palestine » ou mot Ă©quivalent dĂ©signant cette rĂ©gion nâĂ©tait quasiment pas utilisĂ© chez les Turcs et les Arabes. Il nây avait ni Ătat ni peuple » palestinien . Les Arabes vivant en Terre dâIsraĂ«l se considĂ©raient comme Syriens ou Ăgyptiens. Une pseudo-nation créée le lendemain de la Guerre des Six jours » Pourquoi le soir du 4 juin 1967 jâĂ©tais Jordanien et le lendemain matin jâĂ©tais Palestinien ? » » Nous ne nous sommes pas en particulier occupĂ©s du rĂšgne jordanien. Lâenseignement de la destruction de lâIsrael Ă©tait une partie intĂ©grale du programme dâĂ©tudes. Nous nous sommes considĂ©rĂ©s » Jordaniens » jusquâĂ ce que les Juifs soient revenus Ă JĂ©rusalem. Alors soudainement nous Ă©tions des » Palestiniens ⊠ils ont enlevĂ© lâĂ©toile du drapeau jordanien et dâun coup nous avons eu un » drapeau palestinien . » Le fait est que les » Palestiniens » sont des immigrĂ©s des nations environnantes ! Mon grand-pĂšre avait lâhabitude de nous dire que son village Ă©tait vide avant que son pĂšre ne sây installe. Walid Shoebat, ancien terroriste islamiste de lâOLP, repenti et devenu sioniste chrĂ©tien Le drapeau Jordanien Le » drapeau palestinien » proposĂ© Zahir Muhsin, un ancien membre du comitĂ© exĂ©cutif de lâOLP et lâancien commandant militaire de la mĂȘme organisation, dĂ©clara en mars 1977 au journal nĂ©erlandais Trouw » Il nây a aucune diffĂ©rence entre les Jordaniens, les » Palestiniens , les Syriens et les Libanais. Nous faisons tous partie de la mĂȘme nation. Câest seulement pour des raisons politiques que nous soulignons soigneusement notre identitĂ© » palestinienne . Lâexistence dâune identitĂ© » palestinienne » distincte sert seulement un objectif tactique. La crĂ©ation dâun Ă©tat » palestinien » est un nouvel outil dans la bataille continue contre lâIsraĂ«l. Et encore en sâadressant Ă un hebdomadaire pakistanais en 2006 » Le peuple » palestinien » nâexiste pas. La crĂ©ation dâun Ătat » palestinien » est seulement un moyen de continuer notre lutte contre lâĂtat dâIsraĂ«l pour lâunitĂ© arabe. En rĂ©alitĂ© aujourdâhui il nây a aucune diffĂ©rence entre les Jordaniens, les » Palestiniens , les Syriens et les Libanais. Seulement, pour des raisons politiques et tactiques, nous parlons aujourdâhui de lâexistence des » Palestiniens » pour des intĂ©rĂȘts arabes exigeant la crĂ©ation dâun peuple » palestinien » pour nous opposer au sionisme. VĂ©ritĂ© historique le peuple » palestinien » et le pays » Palestine » nâexistaient pas avant que les Arabes les inventent de toutes piĂšces pour Ă©ventuellement anĂ©antir IsraĂ«l. Cette affirmation peut sembler radicale, mais je vous conseille de lire lâarticle suivant Palestinians â » Peoplehood » Based on a Big Lie [Myths and Facts] Voici quelques passages sĂ©lectionnĂ©s » There is no age-old Palestinian people. Most so-called Palestinians are relative newcomers to the Land of Israel. Like a mantra, Arabs repeatedly claim that the Palestinians are a native people. The concept of a Stateless Palestinian peopleâ is not based on fact. It is a fabrication. Palestinian Arabs cast themselves as a native people in » Palestine » â like the Aborigines in Australia or Native Americans in America. They portray the Jews as European imperialists and colonizers. This is simply untrue. Aerial photographs taken by German aviators during World War I show an underdeveloped country composed mainly of primitive hamlets. Ashdod, for instance, was a cluster of mud dwellings, Haifa a fishing village. In 1934 alone, 30 000 Syrian Arabs from the Hauran moved across the northern frontier into Mandate Palestine, attracted by work in and around the newly built British port and the construction of other infrastructure projects. They even dubbed Haifa Um el-Amal » the city of work . The fallacy of Arab claims that most Palestinians were indigenous to Palestine â not newcomers â is also bolstered by a 1909 vintage photograph of Nablus, today an Arab city on the West Bank with over 121 000 residents. Based on the number of buildings in the photo taken from the base of Mount Gerizim, the population in 1909 â Muslim Arabs and Jewish Samaritans â could not have been greater than 2 000 residents. Family names of many Palestinians attest to their non-Palestinian origins. Just as Jews bear names like Berliner, Warsaw and Toledano, modern phone books in the Territories are filled with families named Elmisri Egyptian, Chalabi Syrian, Mugrabi North Africa. Even George Habash â the arch-terrorist and head of Black September â bears a name with origins in Abyssinia or Ethiopia, Habash in both Arabic and Hebrew. Palestinian nationality is an entity defined by its opposition to Zionism, and not its national aspirations. This point is admirably illustrated in the following historic incident » In 1926, Lord Plumer was appointed as the second High Commissioner of Palestine. The Arabs within the Mandate were infuriated when Plumer stood up for the Zionistsâ national anthem Hatikva during ceremonies held in his honor when Plumer first visited Tel Aviv. When a delegation of Palestinian Arabs protested Plumerâs Zionist biasâ, the High Commissioner asked the Arabs if he remained seated when their national anthem was played, wouldnât you regard my behavior as most unmannerly ?â Met by silence, Plumer asked By the way, have you got a national anthem ?â When the delegation replied with chagrin that they did not, he snapped back, I think you had better get one as soon as possibleâ. » But it took the Palestinians more than 60 years to heed Plumerâs advice, adopting Anthem of the Intifada two decades after Israel took over the West Bank and Gaza in 1967 â at the beginning of the 1987 Intifada. Six dĂ©cennies aprĂšs la dĂ©claration dâindĂ©pendance dâIsraĂ«l, nous pourrions nous attendre Ă ce que les Arabes arrĂȘtent de jouer les victimes qui se font dĂ©rober leurs terres, mais non, le mythe perdure. On nous rappelle sans cesse dans les mĂ©dias que les » colons » israĂ©liens » occupent » la JudĂ©e-Samarie, quâils volent la propriĂ©tĂ© des » Palestiniens » et quâils y construisent incessamment des nouvelles » colonies . En fait, de 1950 Ă 1967, plus de 250 colonies arabes ont Ă©tĂ© fondĂ©s en JudĂ©e-Samarie et de 1967 Ă 2002, 261 autres colonies furent fondĂ©es par les Arabes incluant JĂ©rusalem et Gaza. Durand cette seconde pĂ©riode, seulement 144 » colonies » juives ont Ă©tĂ© fondĂ©es incluant JĂ©rusalem et Gaza. Ă ce jour, les Arabes continuent toujours Ă faire immigrer des milliers de colons en IsraĂ«l. En 1998, Yasser Arafat dĂ©clare » Dans 5 ans, nous aurons 6 millions dâArabes vivant en » Cisjordanie » et Ă JĂ©rusalem. Nous pouvons importer des Arabes. Le gouvernement israĂ©lien avoue avoir permis Ă 240 000 mais le nombre rĂ©el est probablement beaucoup plus Ă©levĂ© » travailleurs » arabes dâentrer dans les territoires depuis 1993, ces » travailleurs » sont restĂ©s dans les territoires et sont devenus des colons. Gaza ne comptait pas plus de 80 000 habitants » indigĂšnes » en 1951. Comment est-il possible quâen seulement 54 ans la population ait augmentĂ© de 80 000 Ă plus de 1 300 000 habitants ? Ces Arabes de Gaza sont-ils capables de procrĂ©er dâune maniĂšre surnaturelle ? Lâimmigration massive est la seule explication plausible pour une augmentation dĂ©mographique si forte. Lâoccupation arabe entre 1948 et 1967 Ă©tait une occasion avantageuse pour les chefs arabes. Ils favorisĂšrent lâimmigration. Les immigrĂ©s venaient de chaque pays arabe, principalement lâĂgypte, la Syrie, le Liban, lâIrak et la Jordanie. Il est impossible de connaĂźtre le nombre de colons arabes ayant immigrĂ©s en JudĂ©e-Samarie/Gaza depuis 1952, mais une chose reste certaine la majoritĂ© des » Palestiniens » nâont aucun hĂ©ritage en » Palestine » avant la guerre dâindĂ©pendance dâIsraĂ«l et le reste ont, pour la grande majoritĂ© dâentre eux, aucune racine dans la rĂ©gion avant 1917, et la faible minoritĂ© restante nâen a aucune avant le 19e siĂšcle. La » Palestine » nâest quâune rĂ©gion gĂ©ographique ; elle nâest ni un peuple, ni une nation, on ne peut donc en faire un Ătat. Mis en ligne par Gally Page load link
La formation du peuple juif 1La dĂ©claration dâindĂ©pendance de lâEtat dâIsraĂ«l, publiĂ©e le 15 mai 1948, commence ainsi Eretz-IsraĂ«l est le lieu oĂč naquit le peuple Juif. Câest lĂ que se forma son caractĂšre spirituel, religieux et national. Câest lĂ quâil rĂ©alisa son indĂ©pendance et crĂ©a une culture dâune portĂ©e Ă la fois nationale et universelle. Câest lĂ quâil Ă©crivit la Bible et en fit don au monde... » 2On peut toujours contester le droit de lâactuel Etat dâIsraĂ«l Ă invoquer le passĂ© juif de la Palestine pour fonder sa lĂ©gitimitĂ©. En revanche les faits mentionnĂ©s dans les quelques phrases citĂ©es ci-dessus sont avĂ©rĂ©s. Câest bien en Palestine quâest nĂ© le peuple Juif et que sâest formĂ© le judaĂŻsme au cours du premier millĂ©naire avant 3Pour connaĂźtre la formation du peuple Juif, la Bible reste une source majeure, en particulier les cinq premiers livres de ce quâon appelle ordinairement lâAncien Testament et qui correspondent Ă ce que les Juifs dĂ©signent sous le nom de Torah. 4Mais lâinterprĂ©tation de ces textes pose aux historiens bien des problĂšmes. 1 Cf. Paul Garelli et AndrĂ© Lemaire, Le Proche-Orient asiatique », tome 2, Nouvelle Clio, p. 61. La tradition biblique, Ă©crivent Paul Garelli et AndrĂ© Lemaire, essentiellement mise par Ă©crit Ă partir de lâĂ©poque de David, comporte de nombreux rĂ©cits Ă©voquant des traditions anciennes sous la forme dâhistoires patriarcales, mais mĂȘme si elles ont pu se dĂ©velopper Ă partir dâun certain noyau historique, leur caractĂšre lĂ©gendaire, et parfois tardif, les rend difficile Ă exploiter pour lâhistorien. La recherche historique sur cette pĂ©riode nâaboutit quâĂ des hypothĂšses de travail qui auront dâautant plus de vraisemblance que les traditions bibliques seront confrontĂ©es aux donnĂ©es de lâarchĂ©ologie... »1. 5Les Juifs se veulent les descendants dâun ancĂȘtre unique Abraham et de ses hĂ©ritiers directs Isaac et Jacob ils forment Ă eux trois le groupe des Patriarches. Les douze fils de Jacob ont donnĂ© ensuite naissance aux douze tribus qui composent le peuple hĂ©breu. 6Le rĂ©cit biblique fait ensuite Ă©tat de lâĂ©tablissement des tribus dâIsraĂ«l en Egypte oĂč elles finissent par ĂȘtre rĂ©duites en esclavage. Et câest le peuple dâIsraĂ«l dĂ©jĂ fortement constituĂ© qui, par la suite, sort dâEgypte sous la conduite de MoĂŻse et, aprĂšs avoir reçu la loi divine dans le dĂ©sert du SinaĂŻ, part Ă la conquĂȘte de la Palestine. 7Cette vision biblique de lâhistoire des HĂ©breux est bien rĂ©sumĂ©e dans un passage du livre du DeutĂ©ronome 26, 5-9 Mon pĂšre Ă©tait un AramĂ©en errant qui descendit en Egypte, et câest en petit nombre quâil vint sây rĂ©fugier, avant dây devenir une nation grande, puissante et nombreuse. Les Egyptiens nous maltraitĂšrent... et nous imposĂšrent une dure servitude. Nous avons fait appel Ă YahvĂ© le Dieu de nos pĂšres. YahvĂ© entendit notre voix, il vit notre misĂšre... et notre Ă©tat dâoppression, et YahvĂ© nous fit sortir dâEgypte Ă main forte... par une grande terreur, des signes et des prodiges. IL nous a conduits ici et nous a donnĂ© ce pays ». 8A lâĂ©vidence, ce rĂ©cit traditionnel ne saurait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un rĂ©cit historique, bien quâune partie des faits rapportĂ©s puissent sâintĂ©grer dans lâhistoire gĂ©nĂ©rale du Proche-Orient, telle que nous la connaissons par les sources profanes. 9Ainsi les dĂ©placements effectuĂ©s par les Patriarches bibliques sâapparentent Ă ceux des populations nomades ou semi-nomades du Croissant fertile. Un des traits les plus constants de cette rĂ©gion est la prĂ©sence aux franges des terres quâoccupent les sĂ©dentaires de populations aux genres de vie variĂ©s agriculteurs itinĂ©rants, groupes mi-agriculteurs mi-Ă©leveurs, Ă©leveurs nomades. Le rĂ©cit biblique, sur ce point, est tout Ă fait vraisemblable. 10En revanche, lâexistence historique des Patriarches bibliques ne peut ĂȘtre prouvĂ©e, ce qui ne veut pas dire quâils nâont pas existĂ©. Câest en effet une tradition orale trĂšs forte porteuse du souvenir des ancĂȘtres du peuple dâIsraĂ«l qui a Ă©tĂ© consignĂ©e bien plus tard dans le texte biblique. Quant Ă situer ces patriarches dans le temps, lâexercice est alĂ©atoire. La confrontation du texte biblique avec les donnĂ©es archĂ©ologiques a longtemps conduit Ă les situer au dĂ©but du 2e millĂ©naire avant vers 1800 ?. Mais cette datation reste hypothĂ©tique. 11Mais pour les trois religions monothĂ©istes, Abraham est lâhomme avec lequel Dieu a fait alliance. Et les tombes supposĂ©es des trois Patriarches et de leurs Ă©pouses sont toujours vĂ©nĂ©rĂ©es aujourdâhui dans la ville dâHĂ©bron. Autre temps fort du rĂ©cit biblique la sortie dâEgypte. 12LâĂ©tablissement des HĂ©breux en Egypte peut ĂȘtre mis en relation avec les migrations attestĂ©es de populations asiatiques en direction du delta du Nil, qui fut un temps sous leur domination XVIIIe-XVIe siĂšcles avant 13AprĂšs la restauration de lâindĂ©pendance Ă©gyptienne, des groupes de populations asiatiques continuĂšrent Ă rĂ©sider dans ce pays. Câest parmi eux que les dirigeants de lâEgypte recrutaient la main-dâĆuvre nĂ©cessaire pour lâĂ©dification des importantes constructions dĂ©cidĂ©es par les Pharaons de cette Ă©poque. Cette main-dâĆuvre asiatique Ă©tait peu considĂ©rĂ©e et câest peut-ĂȘtre un durcissement des conditions qui leur Ă©taient imposĂ©es qui conduisit certains dâentre eux Ă sâenfuir dâEgypte vers lâEst en direction de Canaan milieu du XIIIe siĂšcle avant Cette datation est la plus gĂ©nĂ©ralement admise. Elle rĂ©sulte des indications fournies par la principale source archĂ©ologique la stĂšle du pharaon Ă©gyptien Mineptah. successeur de RamsĂšs II. Cette stĂšle cĂ©lĂšbre les victoires remportĂ©es par le pharaon sur une sĂ©rie de peuples, dont lâun est dĂ©nommĂ© IsraĂ«l. Ainsi se trouve attestĂ©e la prĂ©sence dâune population israĂ©lite, sans doute Ă©tablie en Cisjordanie centrale, dĂšs la fin du XIIIe siĂšcle avant vers 1210. 14Cette sortie dâEgypte dâun groupe sans doute peu nombreux de populations sĂ©mitiques, Ă©vĂ©nement mineur passĂ© inaperçu Ă lâĂ©poque, se trouve Ă©voquĂ©e sous la forme dâune vĂ©ritable Ă©popĂ©e dans le livre biblique de lâExode. 15La tradition biblique incorpore des faits qui se sont passĂ©s rĂ©ellement, mais elle nous donne des origines du peuple juif une vision que lâon peut qualifier de mythique. 16En rĂ©alitĂ© la formation du peuple hĂ©breu rĂ©sulte probablement dâun processus plus complexe. La plupart des commentateurs sâaccordent pour penser que le peuple hĂ©breu, historiquement repĂ©rable au 1er millĂ©naire avant en Palestine, est issu en fait de lâassociation de groupes diffĂ©rents mais ayant sans doute une origine aramĂ©enne commune. Des Ă©lĂ©ments venus de lâextĂ©rieur dâEgypte se seraient mĂȘlĂ©s Ă des populations demeurĂ©es en Terre de Canaan. 17On trouverait lâĂ©cho de cette association dans un rĂ©cit du Livre de JosuĂ© chapitre 24 qui Ă©voque la grande assemblĂ©e de Sichem oĂč les HĂ©breux renouvellent leur Alliance avec Dieu et lâĂ©tendent Ă des groupes qui nâont pas connu les Ă©vĂ©nement du dĂ©sert du SinaĂŻ. Câest donc sur une base religieuse que sâeffectue lâunification nominale des clans IsraĂ©lites. 18La tradition biblique prĂ©sente les groupes IsraĂ©lites organisĂ©s en douze tribus, pourvue chacune dâun territoire bien dĂ©limitĂ© Livre de JosuĂ©, chapitres 13 Ă 19. En rĂ©alitĂ© une telle organisation semble beaucoup plus tardive, contemporaine de lâĂ©poque de David et de Salomon. Auparavant lâorganisation des groupes IsraĂ©lites parait encore floue et fluctuante. 19Ajoutons que le peuple hĂ©breu en voie de formation nâest pas le seul occupant de la Terre de Canaan. Dâautres peuples y rĂ©sident Ă©galement. Au premier chapitre du Livre des Juges, il est expliquĂ© clairement que les tribus dâIsraĂ«l ont soumis les CananĂ©ens Ă la corvĂ©e, mais sans les dĂ©possĂ©der de leurs terres. 20Les rapports entre les HĂ©breux et les autres peuples qui vivent Ă leurs cĂŽtĂ©s sont faits dâaffrontements rĂ©pĂ©tĂ©s mais aussi dâĂ©changes et dâalliances comme la Bible le reconnaĂźt Et les IsraĂ©lites habitĂšrent au milieu des CananĂ©ens, des Hittites, des Amorrites... et des JĂ©busĂ©ens ; ils Ă©pousĂšrent leurs filles, il donnĂšrent leurs propres fils Ă leurs filles et ils servirent leurs dieux ».Livre des Juges 3, 5-6 21Vers lâan 1000 avant environ, une grande partie de la Palestine se trouve aux mains des tribus qui composent le peuple dâIsraĂ«l. Câest au sein de ce groupe de tribus encore mal unifiĂ©es que sâenracine une tradition religieuse originale, dont lâinspiration est attribuĂ©e Ă MoĂŻse, mais dont la constitution est historiquement difficile Ă Ă©tablir. 22Contrairement aux divinitĂ©s cananĂ©ennes qui symbolisent les forces de la nature, notamment celles de la fĂ©conditĂ©, la tradition religieuse israĂ©lite se fonde sur la croyance en un Dieu personnel et transcendant qui se rĂ©vĂšle en faisant alliance avec un peuple qui est devenu son peuple et auquel il a donnĂ© sa loi Je suis YahvĂ©, ton Dieu, qui tâa fait sortir du pays dâEgypte, de la maison de nâauras pas dâautres dieux devant ne feras aucune image sculptĂ©e de rien qui ressemble Ă ce qui est dans les cieux lĂ -haut ou sur la terre ici-bas... Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux, ni les serviras. Car moi, YahvĂ©, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux... ».DeutĂ©ronome 5, 6-9 23Cette conception originale et rigoureuse ne sâest sĂ»rement pas imposĂ©e facilement. Le peuple hĂ©breu nâest pas devenu dâun coup monothĂ©iste. Tout donne Ă penser Ă commencer par le texte biblique que le culte rendu Ă YahvĂ©, le Dieu dâIsraĂ«l, nâa pas fait disparaĂźtre la dĂ©votion aux divinitĂ©s cananĂ©ennes. 24Le judaĂŻsme est en fait le produit dâun long travail dâĂ©laboration et de rĂ©flexion qui sâeffectue durant le premier millĂ©naire avant et qui trouve sa traduction dans la Bible dont la rĂ©daction sâĂ©tend sur plusieurs siĂšcles. 25LâAncien Testament raconte notamment le long combat menĂ© par les prophĂštes pour dĂ©tourner les IsraĂ©lites du culte des idoles et les maintenir dans la fidĂ©litĂ© Ă YahvĂ© cf. le rĂ©cit haut en couleurs de la confrontation entre le prophĂšte Elie et les prĂȘtres de Baal au 1er livre des Rois, chapitre 18. 26En dĂ©finitive câest bien la religion qui donne peu Ă peu sa vĂ©ritable identitĂ© au peuple juif, qui se dĂ©finit comme un peuple Ă©lu de Dieu, occupant une place Ă part dans lâensemble des nations. Et câest la fidĂ©litĂ© Ă ses croyances, aux prĂ©ceptes et aux rites qui en dĂ©coulent qui va permettre Ă ce peuple juif de prĂ©server son existence tout au long dâune histoire tourmentĂ©e. De la royautĂ© de David Ă lâexil 27Revenons maintenant Ă lâhistoire des tribus dâIsraĂ«l. 28Une Ă©volution importante se produit au cours du Xe siĂšcle avant Les tribus, qui formaient jusquâalors une confĂ©dĂ©ration aux liens trĂšs lĂąches, acceptent, non sans peine, de se placer sous une autoritĂ© commune et lâĂ©tablissement dâinstitutions monarchiques. 29La raison gĂ©nĂ©ralement avancĂ©e pour expliquer cette Ă©volution est que les tribus IsraĂ©lites ont dĂ» alors affronter un adversaire beaucoup plus redoutable que les petits royaumes cananĂ©ens, Ă savoir le peuple des Philistins qui, venant de la mer, sâĂ©tait Ă©tabli sur la cĂŽte de la Palestine et, fort de la supĂ©rioritĂ© que lui confĂ©raient ses armes en fer, avait conquis des territoires aux dĂ©pens des IsraĂ©lites. 30La menace que reprĂ©sentaient les Philistins nâest conjurĂ©e quâau prix de difficiles combats, mais favorise la naissance dâun royaume israĂ©lite unifiĂ©, qui atteint trĂšs vite son apogĂ©e, sous lâimpulsion de deux souverains. La tradition juive nâa cessĂ©, par la suite, de cĂ©lĂ©brer leur mĂ©moire, mais il nâest pas aisĂ© de dater leur rĂšgne avec prĂ©cision. 31La dignitĂ© royale est dâabord confĂ©rĂ©e Ă SaĂŒl qui sâĂ©tait fait remarquer par ses qualitĂ©s militaires. La majeure partie de son rĂšgne est consacrĂ©e Ă lutter contre les Philistins. Il finit par ĂȘtre vaincu et tuĂ© par eux et sa famille ne parvient pas Ă se maintenir au pouvoir. MalgrĂ© la briĂšvetĂ© de cette premiĂšre dynastie, son histoire marque une Ă©volution importante en faisant passer IsraĂ«l dâune confĂ©dĂ©ration assez lĂąche Ă une royautĂ© unifiĂ©e et militaire. 32La royautĂ© passe ensuite Ă la Maison de David. PlacĂ© Ă la tĂȘte des tribus du Sud dĂšs la mort de SaĂŒl, il est ensuite reconnu comme roi par lâensemble des tribus dâIsraĂ«l Tous les anciens dâIsraĂ«l vinrent... auprĂšs du roi Ă HĂ©bron, le roi David conclut un pacte avec eux... eux... en prĂ©sence de YahvĂ©, et ils oignirent David comme roi sur IsraĂ«l ».2e livre de Samuel 5-3 33David, qui aurait rĂ©gnĂ© de. 1005-1000 Ă 970-965 avant est principalement un souverain guerrier qui achĂšve dâunifier politiquement la Palestine en rĂ©duisant systĂ©matiquement les enclaves cananĂ©ennes encore indĂ©pendantes. LâĂ©pisode le plus cĂ©lĂšbre est la prise de JĂ©rusalem dont David fait la capitale politique et religieuse de son royaume. 34Il entreprend ensuite de soumettre les peuples voisins de la Palestine, vivant Ă lâEst du Jourdain, et dâimposer son autoritĂ© aux principautĂ©s aramĂ©ennes situĂ©es au Nord-Est de son royaume. A sa mort, ce royaume sâĂ©tendait, dit-on, du SinaĂŻ au cours de lâEuphrate. Cela ne veut pas dire que lâensemble de ce territoire Ă©tait placĂ© sous la domination directe du roi dâIsraĂ«l. Une partie Ă©tait formĂ©e de principautĂ©s vassales. 35A David, succĂšde son fils Salomon 970-965 - 930-925 avant qui travaille Ă consolider son royaume en organisant le gouvernement et lâadministration des provinces. Il est surtout celui qui Ă©difie Ă JĂ©rusalem un Temple qui achĂšve de faire de la ville le centre spirituel de lâensemble du peuple dâIsraĂ«l. Le Temple abrite lâArche dâAlliance qui symbolise lâalliance conclue par YahvĂ© avec son peuple. Câest le sanctuaire oĂč sont offerts les sacrifices et cĂ©lĂ©brĂ©es les diverses cĂ©rĂ©monies du culte. 36Le royaume dâIsraĂ«l apparaĂźt donc comme un des principaux Etats syropalestiniens du Xe siĂšcle avant La formation dâun tel Etat dans cette rĂ©gion nâa Ă©tĂ© possible que grĂące Ă un contexte international favorable. 37Au cours du deuxiĂšme millĂ©naire avant toute cette rĂ©gion de Syrie-Palestine avait Ă©tĂ© lâenjeu de rivalitĂ©s opposant les principales puissances du Proche-Orient le royaume dâEgypte au Sud, lâempire Hittite au Nord-Ouest, les Etats mĂ©sopotamiens Ă lâEst. 38Des guerres interminables avaient notamment opposĂ© le royaume dâEgypte qui avait rĂ©ussi Ă Ă©tendre son contrĂŽle sur lâensemble de la rĂ©gion cĂŽtiĂšre du Croissant fertile y compris donc la Palestine et lâEmpire Hittite qui cherchait Ă sâĂ©tendre vers le Sud en Syrie. Royaume de David et Salomon 39LâĂ©quilibre qui avait fini par sâĂ©tablir entre ces deux puissances au cours du XIIIe siĂšcle avant est rompu par une vague dâinvasions qui vient bouleverser tout lâĂ©chiquier politique du Proche-Orient et entraĂźne soit la disparition Empire Hittite, soit lâaffaiblissement Egypte. MĂ©sopotamie, des principaux empires. Et câest Ă la faveur de cet affaiblissement, en particulier de celui de lâEgypte, que de petits Etats peuvent sâaffirmer, dont le royaume de David et Salomon. Mais cette situation nâest que transitoire. 40Lâexistence dâun royaume dâIsraĂ«l unifiĂ© ne dure pas plus de 3/4 de siĂšcle. LâunitĂ© du royaume ne survit pas Ă Salomon. DĂšs sa mort, des troubles Ă©clatent. Une partie des tribus supporte mal la centralisation imposĂ©e par le souverain disparu et la charge fiscale qui en est rĂ©sultĂ©e. 41LâEtat israĂ©lite se scinde en deux royaumes au Nord, celui dâIsraĂ«l au sens Ă©troit du terme dont la capitale est Ă©tablie Ă Samarie ; au Sud, celui de Juda qui conserve JĂ©rusalem comme capitale. 42Lâaffaiblissement des IsraĂ©lites permet aux principautĂ©s vassales assujetties de retrouver leur pleine indĂ©pendance. 43Les deux royaumes IsraĂ©lites sont des constructions fragiles. Ils connaissent une histoire intĂ©rieure troublĂ©e et surtout sont exposĂ©s Ă des menaces extĂ©rieures qui finissent par avoir raison de leur existence. 44La connaissance de lâhistoire de ces deux royaumes reste trĂšs tributaire de la Bible 1er et 2e livres des Rois, mais le rĂ©cit biblique doit ĂȘtre confrontĂ© aux autres sources disponibles. Les auteurs bibliques ont en effet des prĂ©occupations plus religieuses quâhistoriques, ce qui influe directement sur la façon de juger lâactivitĂ© des rois dâIsraĂ«l et de Juda. La Bible oppose volontiers les souverains pieux qui font ce qui est agrĂ©able Ă YahvĂ© », Ă lâimitation de David tels les rois de Juda Ezechias ou Josias, auteurs de rĂ©formes religieuses, aux souverains impies qui se dĂ©tournent de YahvĂ© pour Ă©lever des autels aux autres Dieux principalement les rois dâIsraĂ«l. 45Un rĂ©cit plus strictement historique conduit Ă des apprĂ©ciations diffĂ©rentes. Certains des rois vilipendĂ©s dans le texte biblique apparaissent Ă©ventuellement comme des souverains avisĂ©s tel Achab en IsraĂ«l dont le rĂšgne correspond Ă des pĂ©riodes de paix et de prospĂ©ritĂ©, tandis que certains rois rĂ©putĂ©s pieux mĂšnent des politiques imprudentes qui valent Ă leurs Etats guerre et dĂ©vastation. 46Des deux royaumes IsraĂ©lites, le plus riche et le plus puissant est le royaume dâIsraĂ«l. Mais il est affectĂ© dâune instabilitĂ© politique chronique. Les luttes dynastiques y sont aussi frĂ©quentes que sanglantes. Conspirations, rĂ©voltes, assassinats ponctuent la brĂšve histoire du royaume. Sur dix neuf rois en 2 siĂšcles, dix pĂ©rissent de mort violente. En revanche, le royaume de Juda jouit dâune rĂ©elle stabilitĂ© avec la succession rĂ©guliĂšre des souverains de la Maison de David. 47AprĂšs avoir passĂ© les premiĂšres dĂ©cennies de leur existence sĂ©parĂ©e Ă sâaffronter, les deux royaumes opĂšrent Ă partir du IXe siĂšcle avant un rapprochement plus ou moins durable qui renforce leur position respective Ă lâĂ©gard de leurs voisins. 48IsraĂ«l et Juda sont frĂ©quemment en guerre contre les principautĂ©s aramĂ©ennes voisines, assujetties au temps de David et de Salomon et qui ont retrouvĂ© leur indĂ©pendance au moment de la rupture de lâunitĂ© du royaume hĂ©breu. TantĂŽt IsraĂ«l et Juda parviennent Ă Ă©tendre leur sujĂ©tion sur leurs voisins, tantĂŽt ils doivent au contraire composer avec eux, voire leur verser un tribut. IsraĂ«l et Juda Source Nous partons pour la Terre Sainte - J. Perrier, PUF, p. 16. 49Mais surtout les royaumes IsraĂ©lites doivent faire face au danger que reprĂ©sente la reconstitution de puissants Etats dans les rĂ©gions majeures du Proche-Orient vallĂ©e du Nil et MĂ©sopotamie. LâEgypte intervient de nouveau militairement en Palestine. Mais la menace principale vient dĂ©sormais de la MĂ©sopotamie. 50La puissance montante Ă partir du IXe siĂšcle avant est lâAssyrie. Les souverains assyriens, aprĂšs sâĂȘtre rendus maĂźtres de lâensemble de la MĂ©sopotamie entament une expansion vers lâOuest et soumettent Ă leur tutelle les royaumes de la rĂ©gion de Syrie-Palestine. 51DĂšs le milieu du IXe siĂšcle avant le royaume dâIsraĂ«l doit payer tribut. Un de ses rois, ayant commis lâimprudence de sâallier Ă lâEgypte contre son suzerain, les Assyriens sâemparent de Samarie en 721 avant Le royaume est dĂ©truit. Une partie de la population est dĂ©portĂ©e et remplacĂ©e par des colons recrutĂ©s dans dâautres provinces de lâempire assyrien. Les colons sâunirent aux IsraĂ©lites laissĂ©s dans le pays pour former un nouveau peuple, les Samaritains. 52Le royaume de Juda parvient Ă subsister encore pendant plus dâun siĂšcle grĂące Ă une politique plus prudente que celle du royaume frĂšre du Nord. Mais en dĂ©finitive le royaume de Juda connaĂźt une Ă©volution semblable Ă celle du royaume dâIsraĂ«l. Il passe dĂšs la fin du VIIIe siĂšcle avant sous la tutelle de lâempire assyrien, Ă laquelle succĂšde par la suite celle de Babylone qui sâest substituĂ©e Ă lâAssyrie. Comme IsraĂ«l, Juda tente de se libĂ©rer en sâassociant avec lâEgypte ; et comme IsraĂ«l, il est dĂ©truit. Les troupes du roi de Babylone, Nabuchodonosor, sâemparent de JĂ©rusalem en 587 avant La ville est mise Ă sac, le Temple est dĂ©truit et une grande partie de la population est emmenĂ©e en captivitĂ© Ă Babylone. 53La Palestine cesse pour plusieurs siĂšcles de former un Etat indĂ©pendant. Elle passe sous la domination des empires qui prennent successivement le contrĂŽle du Proche-Orient et dont elle nâest plus quâune modeste province. Restauration et destruction 54La disparition dâIsraĂ«l, en tant quâentitĂ© politique indĂ©pendante, a des consĂ©quences importantes. 55A partir de la fin du VIe siĂšcle avant lâexil Ă Babylone donne naissance Ă la diaspora israĂ©lite, dâabord en MĂ©sopotamie, en Egypte Ă©galement oĂč se sont rĂ©fugiĂ©s une partie de ceux qui ont Ă©chappĂ© Ă la dĂ©portation, puis le long des rivages mĂ©diterranĂ©ens et dans une grande partie de lâOrient. Par la suite la diaspora nâa cessĂ© de sâaccroĂźtre. Les communautĂ©s existantes sont renforcĂ©es par de nouveaux Ă©lĂ©ments venus de Palestine qui Ă©migrent pour des raisons Ă©conomiques ou politiques, et par des conversions. 56Lâexil Ă Babylone nâentraĂźne pas la disparition de la tradition religieuse issue de MoĂŻse. LâExil est, au contraire, une pĂ©riode dâapprofondissement religieux. Câest Ă Babylone quâont Ă©tĂ© probablement rĂ©digĂ©s, dans leur forme dĂ©finitive, les cinq premiers livres de la Bible qui forment le Pentateuque et quâon appelle chez les Juifs la Torah grĂące Ă un travail de compilation et de recomposition dâĆuvres plus anciennes. Empire assyrien VIIIe-VIIe siĂšcles av. Empire nĂ©o-babylone VIe siĂšcle av. Les diasporas IVe siĂšcle av. /siĂšcle ap. Source Histoire universelle des Juifs. E. Barnavi, Atlas Hachette, p. 37. 57Lâexil ne dure pas plus dâun demi-siĂšcle. En 539 avant J-C. lâempire de Babylone est dĂ©truit par les Perses qui Ă©tendent leur domination jusquâĂ la MĂ©diterranĂ©e. Le roi de Perse, Cyrus, autorise les IsraĂ©lites exilĂ©s Ă retourner Ă JĂ©rusalem et Ă reconstruire le Temple. 58Seul un petit nombre dâexilĂ©s 50 000 ? reprend le chemin de la Palestine. Lâentreprise de rĂ©installation sâavĂšre extrĂȘmement difficile. Les nouveaux arrivants trouvent un pays Ă peine sorti de ses ruines. Ils se heurtent surtout Ă lâhostilitĂ© des IsraĂ©lites qui nâavaient pas Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s. Ces derniers sâĂ©taient emparĂ©s des terres abandonnĂ©es et Ă©taient restĂ©s inĂ©galement fidĂšles Ă leurs croyances religieuses. Le conflit prend un tour particuliĂšrement aigu avec les Samaritains. 59Ces difficultĂ©s expliquent la lenteur de la restauration. Le Temple reconstruit ne fut achevĂ© quâen 515 et la communautĂ© qui a refondĂ© JĂ©rusalem dans une JudĂ©e qui nâexcĂšde pas 2 000 km2 ne fut dĂ©finitivement organisĂ©e quâĂ la fin du Ve siĂšcle avant sous lâimpulsion de dirigeants issus de la diaspora babylonienne. Ainsi se constitue sur une partie trĂšs modeste du vaste Empire perse, une sorte dâEtat sacerdotal autonome, dont les habitants peuvent rĂ©gler leurs propres affaires selon une loi religieuse particuliĂšre. 60JĂ©rusalem et la JudĂ©e sont le centre dâune nation dĂ©sormais dispersĂ©e et se voient investis dâune mission spirituelle qui sâĂ©tend Ă lâensemble des communautĂ©s IsraĂ©lites dissĂ©minĂ©es en Orient. Câest lĂ que rĂ©sident les autoritĂ©s religieuses qui ont compĂ©tence pour interprĂ©ter la Loi et dĂ©finir les dispositions juridiques qui en dĂ©coulent. Le rĂŽle dĂ©volu Ă JĂ©rusalem et Ă la JudĂ©e conduit Ă utiliser le terme de JudĂ©ens pour dĂ©signer les IsraĂ©lites, quâils soient ou non habitants de la JudĂ©e. Câest de judĂ©en » que nous avons fait le mot juif ». 61Lâobservance de la Loi ramenĂ©e par les exilĂ©s de Babylone assure plus que jamais lâunitĂ© et lâidentitĂ© du peuple juif et sa pĂ©rennitĂ© au milieu des autres peuples. 62La Palestine fit partie pendant deux siĂšcles de lâEmpire Perse ; puis, conquise par Alexandre le Grand 332 avant elle appartient ensuite Ă lâune ou lâautre des monarchies hellĂ©nistiques qui se sont partagĂ© lâempire du conquĂ©rant. Soumise dâabord aux souverains Lagides dâEgypte 301, elle est ensuite conquise par les SĂ©leucides 198 avant 63Le siĂšcle de domination Ă©gyptienne apparaĂźt comme une pĂ©riode plutĂŽt paisible. LâEgypte des PtolĂ©mĂ©es maintient le principe dĂ©jĂ en vigueur au temps de lâEmpire Perse de lâautonomie interne des provinces. Les Juifs administrent ainsi eux-mĂȘmes la province de JudĂ©e. Le pays est gouvernĂ© par un conseil sanhĂ©drin composĂ© de prĂȘtres et de membres des familles aristocratiques sous lâautoritĂ© du grand-prĂȘtre du Temple de JĂ©rusalem. Quant aux Samaritains, ils ont aussi leur administration. Depuis la fin du IVe siĂšcle, ils disposent de leur propre sanctuaire Ă©difiĂ© sur le Mont Garizim. 64Le passage de la JudĂ©e sous lâautoritĂ© des SĂ©leucides de Syrie conduit assez rapidement au dĂ©veloppement de graves tensions. Cette dĂ©gradation de la situation est en fait une consĂ©quence du processus dâhellĂ©nisation qui a atteint le pays hĂ©breu au cours du deuxiĂšme siĂšcle avant Sujets de souverains hellĂ©nistiques dâorigine grecque, les Juifs se trouvent en effet confrontĂ©s Ă la pĂ©nĂ©tration de la civilisation grecque devenue omniprĂ©sente dans tout lâOrient. Bien des Juifs, notamment des couches supĂ©rieures de la sociĂ©tĂ©, se laissent sĂ©duire et adoptent les usages grecs, comme le rapportent, dans la Bible, quelques versets du 1er livre des MaccabĂ©es Plusieurs parmi le peuple sâempressent dâaller trouver le roi qui leur donne lâautorisation dâobserver les coutumes paĂŻennes. Ils construisirent donc un gymnase Ă JĂ©rusalem, selon les usages paĂŻens... ».I Macc 1, 13-14 FrontiĂšres administratives Ă lâĂ©poque perse Ve-IVe siĂšcles av. Source La Palestine. Histoire dâune Terre, M. Liverani, LâHarmattan, p. 75. Le monde hellĂ©nistique 65Câest dans ce contexte-lĂ que des rivalitĂ©s entre les grandes familles qui se disputent les hautes charges sacerdotales provoquent une intervention brutale du souverain Antiochus IV 175/164. Non content de piller le trĂ©sor du temple, celui-ci dĂ©cide de promulguer une sĂ©rie de dĂ©crets qui proscrivent lâobservance des principaux rites de la loi juive, tandis quâun autel est Ă©difiĂ© Ă lâintĂ©rieur mĂȘme du Temple de JĂ©rusalem et des sacrifices effectuĂ©s en lâhonneur de Zeus. 66Cette politique violente vaut au roi Antiochus IV une sinistre rĂ©putation dans la tradition juive. Pourtant ce souverain Ă©tait avant tout animĂ© par le souci de prĂ©server lâexistence de son royaume menacĂ© par la puissance grandissante de Rome. Antiochus IV a donc tentĂ© dâunifier les populations hĂ©tĂ©rogĂšnes de ses Etats par une vaste politique dâhellĂ©nisation, comportant une importante dimension religieuse. Il sâagissait de favoriser lâĂ©mergence dâune divinitĂ© syncrĂ©tique que pourrait honorer lâensemble des sujets du roi, Grecs, Syriens et Juifs, en sâefforçant dâopĂ©rer une assimilation entre Zeus Olympien, dieu des Grecs, avec les divinitĂ©s souveraines des autres peuples, dont le Dieu des Juifs. Antiochus IV se fait lui-mĂȘme surnommer Epiphane », câest-Ă -dire produit dâune manifestation divine. Nâayant que des contacts limitĂ©s avec la communautĂ© juive, il nâa pas prĂ©vu les rĂ©actions que sa politique va susciter. 67Or la profanation du temple qualifiĂ©e par la Bible dâ abomination de la dĂ©solation » et la persĂ©cution qui frappe les juifs pieux qui refusent de se soumettre Ă la politique royale provoquent le dĂ©clenchement dâune insurrection dirigĂ©e par la famille des MaccabĂ©es 167 avant Cette insurrection se transforme en rĂ©volte nationaliste et dĂ©bouche, aprĂšs un quart de siĂšcle de combats, sur la restauration dâun Etat Juif indĂ©pendant 140 avant 68A la fin du deuxiĂšme siĂšcle, le nouvel Etat devient officiellement un royaume gouvernĂ© par la dynastie des HasmonĂ©ens, hĂ©ritiers directs des chefs de lâinsurrection. Les souverains hasmonĂ©ens mĂšnent une politique dâexpansion. Partis de la JudĂ©e, ils parviennent en quelques dĂ©cennies Ă conquĂ©rir lâensemble de la Palestine et Ă Ă©tendre leur autoritĂ© sur les deux rives du Jourdain. LâapogĂ©e est atteinte vers 75 avant Cette politique de conquĂȘte sâaccompagne dâune entreprise de rejudĂ©isation des territoires conquis. Partout sâimposent les prĂ©ceptes de la Loi juive. Ce processus de judĂ©isation porte particuliĂšrement ses fruits en GalilĂ©e. 69La politique des HasmonĂ©ens contribue ainsi Ă renouveler la composition ethnique du peuple juif. En revanche, les Samaritains apparaissent toujours comme des dissidents et sont durement traitĂ©s. Pour complaire au clergĂ© de JĂ©rusalem, lâethnarque Jean Hyrcan, qui rĂ©gne sur la Palestine Ă la fin du IIe siĂšcle, dĂ©truit leur temple du Mont Garizim Ă©difiĂ© deux siĂšcles plus tĂŽt 125 avant La Palestine Ă lâapogĂ©e de lâĂtat hasmonĂ©en 75 av. 70Bien que nĂ©e dâune rĂ©volte contre lâhellĂ©nisme, la monarchie hasmonĂ©enne en subit fortement lâinfluence. Les souverains hasmonĂ©ens gouvernent la Palestine Ă la maniĂšre des rois hĂ©llĂ©nistiques. Ils exercent simultanĂ©ment des fonctions religieuses et politiques. Ils sont Ă la fois grand-prĂȘtres et chefs politiques avec le titre dâethnarque, puis de roi, Ă partir de 104-103 avant En rĂ©alitĂ© le pouvoir religieux perd sa prĂ©sĂ©ance sur le temporel. Lâassociation des deux fonctions sert surtout Ă conforter le pouvoir politique et nâest pas admise facilement chez les Juifs. 71Lâusage de la langue grecque continue Ă se rĂ©pandre beaucoup de Juifs portent des noms grecs et une culture judĂ©o hellĂ©nique tend Ă se constituer. Cette Ă©volution est favorisĂ©e par les liens Ă©troits qui unissent la Palestine aux communautĂ©s de la diaspora qui reprĂ©sentent dĂ©sormais la majoritĂ© du peuple juif. De plus en plus, ces Juifs Ă©tablis dans lâensemble du monde mĂ©diterranĂ©en ignorent lâhĂ©breu et utilisent les langues des pays oĂč ils rĂ©sident. Pour rĂ©pondre aux besoins religieux de ce judaĂŻsme de la dispersion, la Bible est traduite pour la premiĂšre fois dans une langue Ă©trangĂšre, le grec prĂ©cisĂ©ment câest la version dite des Septante rĂ©alisĂ©e Ă Alexandrie au IIIe siĂšcle avant 72Le lien entre Palestine et diaspora est spĂ©cifiquement religieux. Il Ă©tait essentiel pour les Juifs, vivant loin de la Terre Sainte, que lâautoritĂ© religieuse et lĂ©gislative du Temple de JĂ©rusalem puisse sâexercer librement. Si cette libertĂ© Ă©tait assurĂ©e, peu leur importait le statut politique prĂ©cis de la Palestine, et donc lâexistence ou non dâun Etat Juif indĂ©pendant. La diaspora assiste donc sans rĂ©action majeure au dĂ©clin rapide de lâEtat créé par les MaccabĂ©es, affaibli par les divisions au sein de lâĂ©lite dirigeante. 73Deux partis » principaux sâopposent pour des raisons Ă la fois religieuses et politiques les SadducĂ©ens, qui se recrutent notamment dans lâaristocratie sacerdotale, dĂ©fendent des positions conservatrices en matiĂšre religieuse, ils sâen tiennent Ă la Torah Ă©crite et nâacceptent pas de croyances nouvelles. Dâautre part, ils considĂšrent que le Temple de JĂ©rusalem, son clergĂ©, son culte, doivent occuper une place centrale dans la vie religieuse juive. Le Temple est Ă©galement pour eux une partie intĂ©grante de lâEtat. De ce fait, les SadducĂ©ens sont trĂšs liĂ©s au pouvoir politique en place ; les Pharisiens apparaissent comme les hĂ©ritiers des Juifs pieux qui ont dĂ©clenchĂ© la rĂ©volte des MaccabĂ©es. Originaires de divers milieux sociaux, ils sont liĂ©s Ă lâĂ©lite intellectuelle du pays scribes et docteurs de la Loi. Ils dĂ©veloppent toute une tradition orale qui sâenrichit de lâenseignement des rabbins et font Ă©voluer la Loi Ă©crite. Ils sâattachent Ă obtenir une participation aussi Ă©tendue que possible du peuple aux manifestations religieuses sans donner la prioritĂ© au culte du Temple. Les Pharisiens sont hostiles Ă la confusion des fonctions politiques et religieuses, et la vocation religieuse dâIsraĂ«l leur parait avoir plus dâimportance que la destinĂ©e politique de la Palestine. Une telle attitude les met en conflit avec le pouvoir royal. 74Le conflit atteint son maximum dâintensitĂ© sous le rĂšgle dâAlexandre lâannĂ©e 103-76 avant Les Pharisiens vont jusquâĂ solliciter des appuis Ă lâextĂ©rieur. Ils sont durement chĂątiĂ©s. A la mort de ce souverain qui est aussi celui qui a donnĂ© au royaume juif son maximum dâextension, sa veuve Alexandra SalomĂ© 76-67 avant lui succĂšde. Elle parvient Ă apaiser les passions politico-religieuses. Mais aprĂšs elle, ses fils se disputent le trĂŽne et la grande-prĂȘtrise. Les luttes fratricides favorisent lâintervention de Rome qui a entrepris de soumettre Ă son autoritĂ© lâensemble de lâOrient mĂ©diterranĂ©en. 75Venant de Syrie, dont il vient de faire une province romaine, PompĂ©e entre Ă JĂ©rusalem en 63 avant La Palestine devient un territoire vassal de Rome qui y laisse subsister une ou plusieurs principautĂ©s autonomes dont les frontiĂšres sont frĂ©quemment remaniĂ©es. 76Un temps la Palestine retrouve son unitĂ© politique sous lâautoritĂ© dâHĂ©rode, prince apparentĂ© par mariage Ă lâancienne famille hasmonĂ©enne que son pĂšre avait servie prĂ©cĂ©demment. HĂ©rode est proclamĂ© roi en 37 avant mais ce titre royal lui est confĂ©rĂ© par les Romains. Issu dâune famille arabe de judaĂŻsation rĂ©cente, HĂ©rode est mal acceptĂ© par lâaristocratie et le clergĂ©. 77Souverain autoritaire, cruel Ă lâoccasion, il sait faire preuve dâun grand sens politique. Il apporte son soutien aux dĂ©tenteurs successifs du pouvoir Ă Rome, en Ă©change de quoi il dispose dâune grande libertĂ© pour gĂ©rer le pays. Le royaume dâHĂ©rode connaĂźt une grande prospĂ©ritĂ© Ă©conomique qui lui permet dâentreprendre de grands travaux. La rĂ©alisation la plus considĂ©rable est une reconstruction fastueuse du Temple de JĂ©rusalem, qui devient un Ă©difice de dimensions imposantes qui impressionne beaucoup les visiteurs. Il nâen subsiste aujourdâhui que le mur occidental. 78A la mort dâHĂ©rode, en 4 avant ses successeurs ne sont plus que des roitelets entre les mains des Romains qui les investissent ou les destituent au grĂ© de leurs seuls intĂ©rĂȘts. Dans la premiĂšre moitiĂ© du premier siĂšcle de notre Ăšre, la Palestine passe Ă peu prĂšs entiĂšrement sous lâadministration directe de Rome. 79Lâordre romain sâinstalle difficilement en Palestine. La rĂ©gion connaĂźt au cours du 1er siĂšcle de notre Ăšre une vĂ©ritable fermentation Ă la fois politique, sociale et religieuse. Les Juifs supportent mal lâadministration directe par Rome et ont la nostalgie de lâindĂ©pendance perdue. Ce ressentiment est aggravĂ© par lâattitude des administrateurs romains qui songent surtout Ă sâenrichir grĂące Ă la levĂ©e des impĂŽts. Ils ignorent tout des traditions dâune population dont ils heurtent les sentiments religieux. Le mĂ©contentement qui en rĂ©sulte, attisĂ© par les tensions sociales, par les heurts entre Juifs et Grecs, favorise en Palestine une agitation endĂ©mique qui prend volontiers une coloration religieuse avec lâexpression dâaspirations messianiques. Le messsianisme se traduit par lâespĂ©rance dâune intervention divine qui assurerait la libĂ©ration du peuple juif et lâeffacement des humiliations subies. 80Câest dans ce contexte trĂšs troublĂ© que naĂźt le christianisme ; les repĂšres chronologiques que fournissent les Evangiles notamment celui de St Luc assez prĂ©cis sur ce point permettent de situer lâexistence du Christ dans le premier tiers du premier siĂšcle de notre Ăšre. La Passion se serait dĂ©roulĂ©e en lâan 29 ou 30. Câest notamment comme perturbateur de lâordre public et donc ennemi de Rome que le Christ est condamnĂ© et exĂ©cutĂ© comme le suggĂšrent quelques passages des Evangiles Pilate dit alors aux grands prĂȘtres et aux foules Je ne trouve en cet homme aucun motif de condamnation ». Mais eux dâinsister en disant Il soulĂšve le peuple, enseignant par toute la JudĂ©e, depuis la GalilĂ©e, oĂč il a commencĂ©, jusquâici ».St Luc 23, 4-5 81ou DĂšs lors Pilate cherchait Ă le relĂącher. Mais les Juifs vocifĂ©raient, disant âSi tu le relĂąches, tu nâes pas un ami de CĂ©sar quiconque se fait roi, sâoppose Ă CĂ©sarâ ».St Jean 19, 12 Le royaume dâHĂ©rode Source Histoire dâIsraĂ«l. De la conquĂȘte dâAlexandre Ă la destruction du Temple. Ch. Saulnier, Cerf, p. 520. 82Les premiĂšres communautĂ©s chrĂ©tiennes sont perçues comme un courant supplĂ©mentaire au sein dâun judaĂŻsme divisĂ© en de multiples tendances. Ils sont qualifiĂ©s de parti des NazorĂ©ens ». 83Dans le rĂ©cit que font les Actes des ApĂŽtres du procĂšs intentĂ© Ă lâapĂŽtre Paul, lâaccusation est formulĂ©e ainsi Cet homme, nous lâavons constatĂ©, est une peste il suscite des dĂ©sordres chez tous les Juifs du monde entier, et câest un meneur du parti des NazorĂ©ens ».Actes des ApĂŽtres 24, 5 84Parmi les groupes qui sâagitent, certains sâorganisent en vue de rĂ©sister par la force Ă lâoccupation romaine. Ce sont principalement les ZĂ©lotes, qui ne reconnaissent que Dieu comme seul chef et maĂźtre ». Ils se donnent pour but de hĂąter lâheure de la libĂ©ration en recourant aux armes. On assiste Ă une montĂ©e des violences qui dĂ©bouche sur la grande insurrection de lâannĂ©e 66 contre la domination de Rome 85Il en rĂ©sulte une vĂ©ritable guerre qui dure de 66 Ă 73 et dont lâĂ©pisode central est la prise de JĂ©rusalem par Titus en 70. La ville est mise Ă sac et le Temple est incendiĂ©. La rĂ©sistance ne prend fin quâen 73 avec le siĂšge de Massada, forteresse naturelle situĂ©e prĂšs de la Mer Morte dont les dĂ©fenseurs prĂ©fĂšrent se suicider collectivement plutĂŽt que se rendre. LâĂ©pisode de Massada est restĂ© ancrĂ© dans la mĂ©moire collective du peuple Juif et lâEtat dâIsraĂ«l en entretient aujourdâhui encore le souvenir. Lâincendie du temple de JĂ©rusalem 70 ap. Titus se replia sur lâAntonio, ayant dĂ©cidĂ© dâattaquer le jour suivant Ă lâaube avec la totalitĂ© de ses forces et dâinvestir le Temple. Dieu certes, avait depuis longtemps condamnĂ© le bĂątiment Ă ĂȘtre brĂ»lĂ©, mais le jour fatal, du fait de la rĂ©volution du temps, Ă©tait maintenant arrivĂ©, ce dixiĂšme jour du mois loĂŒs le 30 aoĂ»t 70 oĂč, dĂ©jĂ auparavant, il avait Ă©tĂ© incendiĂ© par le roi se Babylone. Lâorigine de lâincendie et sa cause se trouvent dâailleurs chez les Juifs eux-mĂȘmes. En effet, lorsque Titus se fut retirĂ©, les rebelles, aprĂšs un bref rĂ©pit, attaquĂšrent de nouveau les Romains et un combat sâengagea entre les gardes du Sanctuaire et les soldats qui Ă©teignaient le feu dans la cour extĂ©rieure du Temple. Ceux-ci, ayant mis les Juifs en dĂ©route, les poursuivirent jusquâau Sanctuaire. Et câest lĂ quâun soldat, sans attendre les ordres, sans ĂȘtre effrayĂ© par une telle initiative, mĂ» par une sorte dâimpulsion surnaturelle, arracha un brandon aux boiseries en feu et, soulevĂ© par un de ses camarades, jeta ce brandon par une petite porte dâor qui donnait accĂšs, du cĂŽtĂ© nord, aux habitations entourant le Sanctuaire. Les flammes jaillirent et provoquĂšrent chez les Juifs une clameur digne de la catastrophe. Ils sâĂ©lancĂšrent Ă la rescousse sans souci dâĂ©pargner leur vie ou de mĂ©nager leurs forces, maintenant quâallait disparaĂźtre lâobjet de leur vigilance courut porter la nouvelle Ă Titus. Il se trouvait dans sa tente, en train de se reposer aprĂšs le combat il fut debout dâun bond et, comme il Ă©tait, courut au Temple pour maĂźtriser lâincendie ; en arriĂšre suivaient tous les gĂ©nĂ©raux, accompagnĂ©s des lĂ©gionnaires dans un Ă©tat de grande excitation ; il y avait des cris et du vacarme, comme il est normal quand une si grande armĂ©e se dĂ©place en dĂ©sordre. CĂ©sar, de la voix et de la main, faisait signe aux combattants dâĂ©teindre lâincendie, mais eux nâentendaient pas ses cris, ayant les oreilles pleines dâune clameur bien plus forte, et quant aux signes quâil faisait avec la main, ils nây prĂȘtaient pas attention, les uns pris par le combat, les autres tout Ă leur colĂšre. Ni exhortations ni menaces ne pouvaient contenir lâimpĂ©tuositĂ© des lĂ©gionnqires en train de charger chacun nâavait dâautre gĂ©nĂ©ral que sa fureur...... ArrivĂ©s plus prĂšs du Sanctuaire, les uns faisaient semblant de ne mĂȘme pas entendre les ordres de CĂ©sar et encouragaient ceux qui Ă©taient devant eux Ă jeter des brandons Ă lâintĂ©rieur. Les rebelles Ă©taient dĂšs ce moment dans lâimpossiblitĂ© dâintervenir de toutes parts ils Ă©taient massacrĂ©s et mis en dĂ©route. Des civils sans force et sans armes, reprĂ©sentant une grande partie de la population, Ă©taient Ă©gorgĂ©s lĂ oĂč chacun se faisant prendre une foule de cadavres sâamoncelait prĂšs de lâautel ; le long des marches du Sanctuaire ruisselait le sang et roulaient les corps des victimes ». CĂ©sar, voyant quâil Ă©tait impuissant Ă contenir lâĂ©lan de ses soldats, qui ne se contrĂŽlaient plus, et que lâincendie Ă©tait vainqueur, passa avec ses gĂ©nĂ©raux Ă lâintĂ©rieur et contempla le lieu saint du Sanctuaire avec tout ce quâil contenait, un ensemble bien supĂ©rieur Ă sa rĂ©putation auprĂšs des Ă©trangers et nullement infĂ©rieur Ă lâopinion avantageuse quâen avaient les nationaux. Les flammes nâavaient encore nulle part pĂ©nĂ©trĂ© Ă lâintĂ©rieur mais consumaient les habitations qui entouraient le Sanctuaire ; Titus, estimant que cette Ćuvre dâart pouvait encore ĂȘtre sauvĂ©e, ce qui Ă©tait vrai, se prĂ©cipita au dehors et sâefforçait personnellement de convaincre les soldats dâĂ©teindre le feu ; il donna lâordre au centurion LibĂ©ralius, qui faisait partie de sa garde de piquiers, de contraindre Ă coups de bĂąton ceux qui dĂ©sobĂ©iraient. Mais leur respect pour CĂ©sar et la peur que leur inspirait le centurion qui essayait de les retenir Ă©taient moins forts que leur colĂšre, leur haine des Juifs, et une ardeur guerriĂšre incoercible. La majoritĂ© Ă©taient aussi poussĂ©s par lâespoir du pillage, car en voyant que lâextĂ©rieur du Sanctuaire Ă©tait en or, ils sâimaginaient que lâintĂ©rieur Ă©tait bourrĂ© de richesses. Mais dĂ©jĂ un de ceux qui Ă©taient entrĂ©s, tandis que CĂ©sar se prĂ©cipitait au-dehors pour retenir ses troupes, avait jetĂ© dans lâobscuritĂ© un brandon sur les gonds de la porte. Alors la flamme jaillit brusquement de lâintĂ©rieur. CĂ©sar se retira avec ses gĂ©nĂ©raux, et il ne resta personne pour empĂȘcher les soldats qui Ă©taient Ă lâextĂ©rieur de mettre le feu. Câest ainsi que, contre la volontĂ© de CĂ©sar, le Sanctuaire fut incendiĂ© ».FLAVIUS JOSEPHE, La Guerre des JuifsExtrait de la traduction de P. Savinel publiĂ©e aux Editions de Minuit 1977. 86Nous possĂ©dons un rĂ©cit dĂ©taillĂ© de ces Ă©vĂ©nements grĂące Ă lâhistorien juif Flavius JosĂšphe qui fut Ă la fois acteur et tĂ©moin des faits quâil rapporte dans la Guerre des Juifs ». Ancien commandant des forces juives en GalilĂ©e, il sâest soumis Ă Rome et est devenu Ă©crivain. 87Le bilan de cette guerre est trĂšs lourd. Des dizaines de milliers de Juifs sont massacrĂ©s ou vendus comme esclaves. La Palestine perd toute trace dâautonomie, mais la vie religieuse parvient Ă se rĂ©organiser malgrĂ© la suppression de la liturgie du Temple. Câest Ă partir de ce moment que les synagogues deviennent les principaux centres spirituels des communautĂ©s juives. Ainsi sâimpose la conception de la vie religieuse dĂ©fendue par les Pharisiens quâon appelle le judaĂŻsme rabbinique. 88La soumission Ă Rome nâĂ©tait pourtant pas encore dĂ©finitive. Le monde juif est secouĂ©, au dĂ©but du IIe siĂšcle aprĂšs par une nouvelle vague de rĂ©voltes, qui touche dâabord les communautĂ©s de la diaspora 115-117. Puis câest la Palestine qui sâinsurge de nouveau sous la direction de Bar Kokhba 132-135. La rĂ©volte est Ă©crasĂ©e et cette fois la dĂ©faite est sans appel. La rĂ©pression sâaccompagne de massacres et de dĂ©portations qui accentuent les effets de la prĂ©cĂ©dente rĂ©volte. 89Le nom mĂȘme de JudĂ©e est effacĂ©. La nouvelle province romaine est dĂ©nommĂ©e Palaestina, mot forgĂ© Ă partir du nom grec de la Philistie ou pays des Philistins. Les Juifs disparaissent pratiquement de la rĂ©gion de JĂ©rusalem, et lâaccĂšs Ă cette ville leur est dorĂ©navant interdit. Une colonie romaine y est fondĂ©e sous le nom dâAelia Capitolina. Les restes du Temple sont rasĂ©s pour laisser la place Ă un sanctuaire de Jupiter. 90Le peuplement juif de la Palestine diminue sensiblement et ne couvre plus quâinĂ©galement le territoire. Les Juifs se regroupent notamment en GalilĂ©e qui a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e par les troubles. Le reste de la population se compose de Samaritains, de Syriens, de Grecs et de tribus arabes. Les Arabes sont en effet prĂ©sents dĂšs le premier millĂ©naire avant aux confins de la Palestine, menant une existence nomade le long de la vallĂ©e du Jourdain. Des Etats arabes se sont constituĂ©s en Transjordanie et ont Ă©tĂ© soumis Ă lâautoritĂ© de Rome. 91On peut dire quâĂ partir de 135 aprĂšs lâhistoire du peuple Juif tend Ă se dissocier de plus en plus de celle de sa Terre dâorigine. Carte administrative de lâempire aprĂšs les rĂ©formes de dioclĂ©tien et de Constantin Source La crise de lâEmpire romain. R. RĂ©mondon. Nouvelle Clio. PUF, p. 329.
carte les hébreux au temps des premiÚres invasions